ATELIER N°2 – « Santé de l’air, santé des sols, santé du vivant » 

Le 13 mars 2026, dans le cadre du LID (Laboratoire Inspirons Demain), la chaire MetroForum et la chaire Santé et Vulnérabilité ont réuni experts, chercheurs et acteurs du territoire pour un deuxième atelier « Santé de l’air, santé des sols, santé du vivant ». L’objectif : Explorer les liens complexes entre les modes de vie urbains et la santé, de la pollution des sols à la lutte contre la sédentarité.

Cet événement a permis de croiser les regards sur un défi majeur : comment répondre aux enjeux de santé spécifiques aux territoires urbains de manière équitable ? 

L’urbanisme ne se résume plus à tracer des rues ou construire des logements ; il est devenu un levier de santé publique. Comme l’ont rappelé les intervenants, les villes font face à des menaces hybrides. D’un côté, les pollutions « classiques » (aire, eau, sols) dont l’impact est parfois sous-estimé ou nié. Annabelle Deram (Professeure des universités, impact de la qualité de l’environnement sur la santé) et Séverine Frère (Professeure des universités aménagement, urbanisme) ont notamment alerté sur l’exposition aux polluants et « l’effet cocktail », tandis que Laurence Lejeune (Responsable cellule pilotage des projets transversaux stratégiques – DASP – Université de Lille)  a exposé le cas complexe de la pollution des sols, soulignant l’urgence de faciliter la mesure de la qualité des terres, héritage de notre passé industriel et militaire. D’un autre côté, de nouveaux défis émergent : la résilience climatique (lutte contre les îlots de chaleur urbains, l’impact de la canicule sur la santé mentale), la sédentarité (la place de la marche dans nos modes de vie, partage de l’espace public) et la sécurité alimentaire (accès à une alimentation saine et durable). 

L’atelier s’est structuré autour de quatre thématiques clés, dont les restitutions dessinent des pistes d’actions concrètes. 

  • Pollutions (air, eau, sol) : les débats ont révélé des inerties persistantes réelles dans l’action publique et des freins majeurs liés à l’accès aux données. Pour avancer, il devient crucial de « démobiliser les savoirs » et de clarifier les méthodes d’analyse des sols pour mieux les protéger et les traiter. 
  • Santé, Alimentation et obésité : les participant.e.s ont fait ressortir un lien entre consommation et pathologies. Les enjeux sont triples : améliorer la restauration collective, simplifier les normes sanitaires parfois trop rigides et renforcer l’éducation alimentaire dès le plus jeune âge. 
  • Îlots de chaleur et bien-être : Face à la chaleur, la végétalisation est la solution plébiscitée, mais elle se heurte à des obstacles financiers et patrimoniaux. Une piste soulevée : « réconcilier le bâtiment avec le sol » en isolant mieux contre les gaz des sols tout en assurant le confort d’été pour les populations les plus vulnérables. 
  • Mobilités et changements de comportement : Pourquoi les Pays-Bas réussiraient-ils là où les métropoles en France semblent parfois stagner ? Les participant.e.s ont interrogé les blocages culturels. Accompagner le changement vers la marche et le vélo nécessite de repenser en profondeur qui définit le partage de l’espace. 

La restitution de ces échanges a mis en lumière plusieurs obstacles persistants sur le territoire notamment la difficulté à accepter l’ampleur de certaines pollutions, l’urgence de santé publique qui se heurte souvent à la lenteur des projets d’infrastructures et l’inégalité des populations face à la capacité à se protéger ou à se « déconnecter » d’un environnement pollué.